Florian Philippot invité de France inter

Qu’il est malin et brillant ce Philippot, à l’écouter tout semble tellement évident et facile, mais oui, se dit-on, il a raison, pourquoi tous nos dirigeants ne font pas ce qu’il dit, tout irait tellement mieux en France… Et puis l’on comprend qu’il aligne les contradictions et les contrevérités avec grand brio, et les journalistes ne savent que lui répondre, et puis Stéphane Paoli le compare à Fernando Pessoa le grand poète portugais, alors là… quelle consternation ! Que d’esprits embrouillés… on voit le portrait de Marine Le Pen à l’Elyssé et l’on comprend que l’on vient de fiche en l’air son dimanche.

Mais à quoi jouent-ils donc ?

Ce matin, m’étant retrouvé bloqué chez moi, j’ai écouté France Inter bien au delà de 9h00, comme doivent le faire sans doute des millions de personnes en France.

Il y a eu d’abord cette émission pseudo culturel, dans laquelle, se faisant passer pour un homme de culture, l’animateur, Augustin Trapenard, promeut en réalité ce que l’art nous offre de plus pauvre.

Aujourd’hui l’invité était un jeune auteur, fier de ses 32 ans ET DEMI, comme il le précise à la manière de ma fille de 5 ans ET DEMI, Sabri Louatah. Son dernier roman met en scène un arabe, devenu président de la république en France, qui se retrouve confronté à des attentats djihadistes.

A 9h40, c’était l’Instant M qui nous parle de l’actualité des médias . Le sujet de l’émission était un film qui passe ce soir sur France 2 : « Ne m’abandonne pas ». Ce téléfilm raconte l’histoire d’une jeune fille qui se radicalise en adoptant la religion musulman.

A 10h04, le sujet de l’émission Un jour en France était : Laïcité : questions quotidiennes. Il y était évidemment beaucoup question de l’Islam en France.

Bref, comme vous l’aurez compris, on tourne autour du pot sur France Inter, mais la question fondamentale revient à celle-ci : Les arabes en France…

Je me suis dit, si j’étais musulman, comment me sentirai-je justement, en ce moment, en France ? Le font-ils exprès ou est-ce juste ce que l’on peut appeler le hasard de la programmation ? Mais, si j’étais directeur des programmes de cette station, est-ce que le fil conducteur de tout cela ne me sauterai pas aux yeux ? Ou alors, ces questions sont devenues tellement courantes dans les médias que plus personne n’est capable de distinguer vers quoi elles basculent ? (il suffirait de se souvenir des scores du FN aux dernières élections pour cela).

Si je rajoute à cette matinée, que j’ai personnellement trouvé dégoutante, tout le battage médiatique que l’on nous fait sur la question de la déchéance de nationalité, qui ne concernerait, en réalité, qu’une toute petit minorité d’individu, dans la mesure où la véritable peine qui touche les terroristes, comme on n’a pu le voir, c’est la mort, ma question devient plus que pertinente.

Ce qui est difficile à déterminer est de savoir s’ils le font consciemment ou sans même s’en rendre compte, car ils pensent avant tout à faire de l’audimat ou vendre du papier.

L’étrange calcul diplomatique de ceux qui souhaitent que la France renoue avec Damas

Dans le numéro du journal Le Monde, daté du 28 février 2015, on peut lire en page 2, « Le voyage de parlementaires français à Damas illustre la multiplication des appels à changer de diplomatie en Syrie, au nom du réalisme de la lutte contre l’EI ».

Je passe sur le fait que, de la part d’un grand journal comme Le Monde, publier cette article en page 2 est une manière de faire pression sur le gouvernement en faveur de cette idée. Beaucoup se disent sans doute, après tout, pourquoi pas, Bachar Al-Assad est toujours au pouvoir, quoi qu’on ait prédit, et il peut être un allié de poids dans la lutter contre les terroristes de l’Etat Islamique (ce qui resterait à prouver). D’autres, plus calculateurs, y voient un moyen d’attaquer la politique étrangère de François Hollande qui, jusqu’à présent, a plutôt prit les bonnes décisions.

Personnellement, ce qui me gêne beaucoup, c’est ce fameux réalisme qui permettrait de justifier un tel rapprochement. Le réalisme c’est un calcul facile à faire. Bachar Al-Assad c’est 200 000 morts syriens, l’EI c’est moins de 100 morts en France. Est-il vraiment nécessaire de s’allier au dictateur Syrien pour défendre notre pays ? Je crois que c’est un calcul tout à fait scandaleux. Encore une fois, la position de François Hollande me parait être la plus juste, l’un est l’autre sont à combattre, Bachar pour les morts syriens, l’EI pour les morts dans le monde entier.

Tout ceux qui prétendent à une diplomatie « réaliste » de ce genre préconisent surtout la diplomatie de leurs intérêts.

Abd Al Malik sur France Inter

Il est un moment où je ne sais plus si les journalistes sont des imbéciles où s’ils ont atteint une maîtrise particulièrement remarquable dans la manipulation de l’opinion. Il y a sans doute beaucoup des deux. En tout cas, une chose est tout à fait certaine, les mots responsabilités et conséquences, appliqués à l’exercice de leur profession, ont été bannis de leurs esprits.

L’interview de Abd Al Malik par Patrick Cohen ce matin sur France Inter en est un parfait exemple. D’habitude, Patrick Cohen invite des hommes politiques qui pèsent dans l’opinion ou des intellectuels de grande renommée or, je ne pense pas faire insulte à Abd al Malik, dont je reconnais tout le talent, en disant que l’ensemble de son oeuvre ne le place pas encore dans la catégorie des grands intellectuels dont les idées influent sur le pays, non, à l’écoute de PC, comme je vais l’appeler (pour éviter que l’on m’accuse d’antisémitisme, car j’exprime des critiques à son égard alors qu’il porte un nom juif) on comprend très vite que ce qui vaut à l’artiste d’être invité ce sont quelques lignes de son livre, « Place de la république », par lesquelles il pose que, contrairement à ce qu’ont affirmé des nombreux opportunistes de la mention « Je suis Charlie », la liberté d’expression n’est pas non négociable.

Très vite, PC réussi à faire passer son invité pour l’homme, que dis-je, le musulman qui crée le scandale en s’opposant à Charlie Hebdo !!!! Rendez-vous compte, quel outrage ! Un musulman médiatisé qui est contre la liberté d’expression ! Voilà, nous pouvons en convenir, de quoi faire monter toutes les courbes d’audience. Mais après son petit teasing, le journaliste est bien forcé de poser des questions et de donner la parole à son invité. Alors Abd Al Malik nous explique avec une émotion que l’on peut ressentir dans le ton de sa voix (ben merde quoi, vous imaginez, le mec qui a grandi dans une banlieue invité du 7-9 de France Inter) la teneur exacte de ses écrits et, d’une certaine manière, quelques idées sur lesquelles il aimerait emmener ses lecteurs à réfléchir.

Il se trouve qu’il s’agit d’idées tout à fait pertinentes qui méritaient, à mon avis, l’attention de tout ceux qui ont marché le 11 janvier plutôt que d’être assimilées à des attaques contre la liberté d’expression. Il attire en particulier notre attention sur le ressenti de tous ceux qui ont adopté la foi musulmane avec une grande volonté de partage et de paix. Mais, quoi que puisse dire Abd Al Malik, PC, le journaliste, le ramène dans les cordes et tente de le pousser au « dérapage », comme il est convenu maintenant d’appeler les propos de nature à créer une polémique sur les réseaux sociaux et dans les médias.

Ce qui était à la fois intéressant et absolument effrayant est que l’on assistait en direct à la réalisation des maux que dénonçait l’écrivain. Il parlait de racisme contre les musulmans, or, tout en usant de tous les moyens médiatiques à sa disposition pour démontrer que cette idée était  fausse, PC nous en faisait l’illustration. Ainsi par exemple, à la fin de l’émission, à partir d’une question posée par un auditeur musulman (on ne peut donc y voir le moindre racisme) est venue la question d’une autorité du culte musulman en France. Mais pour quelle autre religion cette question se pose dans notre pays ?

Sa justification est la volonté que la construction des mosquée et la formation des imams ne dépendent pas financièrement de fonds venus de pays étrangers. Mais les grandes décisions concernant l’église catholique ne sont-elles pas prise à Rome ? Sans être un expert de cette question, j’imagine que le culte juif doit avoir des relations avec Israël. La réalité est que, depuis bien avant la mondialisation, les grandes religions ignorent les frontières. Alors ? Qu’est-ce qui pousse la France à souhaiter, par le biais du ministère de l’intérieur, contrôler la pratique du culte musulman sur son terroir ? N’est ce pas le fait d’assimiler cette religion au terrorisme ?

Bien sûr que non, répondront tous les bien-pensants de ce pays, mais le lanceur d’alerte, Abd Al Malik, comme il se définissait ce matin à la radio, nous disait attention aux bonnes intentions de la République, car elles peuvent aboutir, dans les esprits le plus faibles, à ce genre de raccourci. Nous tombons alors dans une forme de racisme qu’il devient particulièrement difficile d’apprécier et de dénoncer. C’est en quoi son discours porte tout son sens. Si je le connaissais, je lui recommanderai de se tenir à l’écart des médias, car il peut s’attendre, si ce n’est déjà le cas, à un déferlement d’injures et de haine en moins de 140 caractères contre lui.

Utilisation du 49-3 pour faire passer la loi Macron : Déni de démocratie ou prise de responsabilité de la part du gouvernement ?

Combien de fois n’a-t-on entendu les journalistes nous dire, sous forme de slogan publicitaire ou d’argument lors de sérieux débat à la télévision ou la radio, qu’ils sont là pour décrypter l’actualité ? Nous expliquer, en gros, les tenants et les aboutissants des faits marquants qu’ils nous communiquent ? Oublions le procès DSK à Lille (là, nous dirons qu’il y a eu dérapage mais les journalistes n’étaient pas les seuls puisque, avec eux, les juges et les magistrats se sont allègrement vautré dans cette fange médiatiquo-sexuelle) et intéressons-nous au dénouement de la présentation du projet de loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques à l’Assemblé Nationale.

La méthode du gouvernement pour l’adoption de cette loi, on la connaît, elle n’est un mystère pour personne, encore moins pour les journalistes avisés qui, depuis des mois, ont arpentés les couloirs de l’Assemblée Nationale en quête d’information, ce fut l’écoute, la discussion, le débat et même le compromis et non le 49-3, utilisé en dernier recours, afin d’éviter que des motivations d’ordre politique (on peut traduire cela par ambition personnelle) n’empêche le vote d’une loi d’intérêt, si n’est général, du plus grand nombre des français.

Il y a eu plus des 190 heures de discussion en commission et en séance et plus de 1600 amendements déposés. On aurait pu se féliciter d’un travail sérieux de la part des parlementaires. A une époque où les français ont tendance à rejeter la classe politique, c’eut été une bonne idée de nous décrypter cela, monsieur les journalistes. Toute la représentation nationale a pu s’exprimer et proposer les changements qu’elle aurait souhaité (certains ont été adoptés d’autres non).

On est arrivé ainsi à une loi qui aurait du, dans la mesure où elle avait été largement discutée par l’ensemble des parlementaires, créer un large consensus.

Après les discussions vint donc le temps du vote. Et voilà que certains députés se rappellent alors qu’ils ne sont pas là pour défendre les intérêts de leurs concitoyens mais faire avancer leur carrière politique. L’opposition se braque dans une posture et s’oppose (bien qu’il y est dans la loi Macron des mesures qu’elle aurait pu prendre elle-même), et une partie de la majorité, essentiellement ceux dont l’ambition est inversement promotionnelle aux nombres d’électeurs qu’ils représentent, nous disent qu’ils voteront également contre cette loi.

Plutôt que de voir ce texte, d’une importance majeure pour l’avenir de notre pays j’imagine (sinon a quoi bon toutes ces heures de discussions à l’assemblée ?) être rejeté par le vote des parlementaires, le premier ministre, Manuel Vals, a décidé d’engager la responsabilité de son gouvernement en utilisant l’article 49-3 de la constitution pour le faire passer sans vote.

Les journalistes, ces petits malins, vont nous décrypter tout cela en allant nous faisant revivre le temps où François Hollande s’apposait à l’utilisation du 49-3 Les contextes étaient-ils identiques ? L’esprit des textes était-il identique ? Absolument pas. Mais cela n’est pas grand chose. Le pire, à mon avis, est que le sujet sur lequel se focalise toute la presse est « Le gouvernement a-t-il encore une majorité ? ». Mais est-ce réellement ce sujet-là qui marquera la vie des français ou bien les mesures de la loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques qui, quoi qu’on en dise, vont s’appliquer ?

 

Faut-il un vote au parlement pour punir Bachar Al-assad ?

C’est la question qui fait la une des journaux et dont débattent tous les journalistes et hommes politiques en France. Qui se souvient qu’il y a 8 jours à peine a été décidé une importante réforme des retraites, sujet, s’il en est, qui concerne bien l’ensemble des Français ? Plus grand monde il semblerait. C’est là le plus grand talent de nos journalistes. Ils s’excitent sur des sujets dont on ne reniera pas l’intérêt mais tellement loin des préoccupations des français.

En ce qui me concerne, cela me parait même absolument indécent de débattre à longueur de colonnes (dans les journaux) et d’émissions (à la radio, à la télé) pour savoir si le président doit, oui ou non, demander leur avis aux parlementaires afin d’intervenir militairement en Syrie après que Bachar Al-assad ait utilisé des armes chimiques contre des populations civiles.  Le comble de l’indécence est ici atteint par tous ceux qui depuis que ce conflit a commencé n’ont cessé de se scandaliser des massacres perpétrés en Syrie, mais qui, lorsque les limites sont atteintes, nous expliquent qu’il faut un débat et un vote avant d’intervenir.

A l’heure où j’écris ces lignes seul le premier ministre anglais a interrogé son parlement et la réponse qu’il a reçu a été « non, nous ne ferons rien pour punir Bachar Al-assad ». La question que je pose est celle-ci : doit-on prendre le risque d’obtenir la même réponse en France, après que le président ait promis de punir Bachar Al-assad ? Barack  Obama s’expose déjà à passer pour un guignol aux yeux de tous les dictateurs qui, eux, n’hésitent pas avant d’envoyer leur armées contre leur population. Toutefois, comme je le crois intelligent je n’imagine pas qu’il ait pu pendre ce risque s’il n’avait une grande confiance en l’issu de ce vote. De même, comment imaginer que François Hollande puisse poser la question aux parlementaires s’il n’est pas certain de la réponse qu’il obtiendra ? Ce serait, à coup sûr, la perte de sa crédibilité (il a déjà eu tant de mal a en acquérir un petit peu) si la réponse était négative.

Donc la première option consiste à ne pas demander de vote, l’autre à demander un vote à condition d’en connaître l’issu à l’avance. Sont-ce vraiment 2 options qui méritent tous le temps et les discussions qu’on leur accorde ? Ne faudrait-il pas mieux, à la place,  parler un peu de la réforme des retraites pour en dire le mal, mais peut-être aussi le bien qu’on en pense ?          

 

Le Monde met en avant les divisions du PS

Dés qu’il est question du Parti Socialiste dans le monde, le journal nous annonce que le PS se divise. Je ne compte plus les titres qui contiennent cette formule mais s’il s’agissait, à chaque fois, d’une véritable information, croyez-le, le Parti Socialiste n’existerait plus depuis bien longtemps, or, comme il reste uni, il faut admettre que ce n’est pas de l’information mais une forme de propagande plutôt malsaine que nous délivre ce journal si réputé.

L’exercice de la démocratie dans un parti politique implique que les militants débattent. Si les militants débattent, c’est qu’ils expriment des opinions différentes et quelques fois les échanges peuvent être très vifs. Mais c’est ça la démocratie. Ne pas admettre qu’au sein d’un parti politique, des opinions différentes s’expriment, ou ne pas le comprendre, c’est basculer vers l’autoritarisme, le fascisme.

On ne voit jamais que le Front National ou même l’UMP se divise, mais l’UMP à très récemment était proche de sa scission du fait de la rivalité entre Fillon et Copé. Quant au Front National, il s’est divisé en 1998 avec le départ de Bruno Mégret. Depuis sa création dans la forme que nous connaissons en 1971, le PS, en revanche, a beaucoup débattu mais ne s’est jamais divisé.

Aujourd’hui, le langage politique en France associe division à échec. le PS c’est donc l’échec. Sarkozy, qui met tout le monde d’accord lorsqu’il débarque à l’UMP, c’est l’union, c’est le succès. La réalité politique aujourd’hui en France est tout autre ; l’UMP est beaucoup plus proche de la division à l’approche de 2017 que le PS et, plutot que de tenter de manipuler l’opinion, les  journalistes devraient nous proposer de véritables informations et de véritables analyses.

Dans son édition du jeudi 18 juillet, Le Monde a donc titré : » Le PS se divise sur la politique d’accueil des gens du voyage. »

Dans cette même édition, on peut lire une analyse de Michel Noblecourt intitulé « Quand le parti socialiste tente de sortir de sa retraite » qui n’a d’autre objet que d’affirmer que « Harlem Désir est à la tête d’une maison morte. (…)  La machine ne fonctionne plus. » Quant au texte d’orientation adopté le 9 juillet par le bureau national sur le réformes des retraites, il nous dit « Avec ce document de neufs pages, le parti du président se retrouve en harmonie avec François Hollande sur l’idée d’une réforme à minima, provoquant le moins de vague sociales possible, tout en se distinguant habilement du gouvernement ».

Agir avec intelligence devient donc une tare lorsqu’on fait de la politique en France ? Décidément, dix années de gouvernement UMP on vraiment changé ce pays.

 

Les larmes de Cécile Duflot

Certains se sont inquiétés qu’un grand parti politique de l’opposition soit mis en danger en raison d’une sanction financière totalement justifiée. Mais de quelle opposition s’agit-il ? Quels arguments, quelles alternatives, quelles propositions sont-ils capables de faire ?

Dernièrement, c’est à propos d’un tweet du mari de la ministre du logement, Cécile Duflot, que l’opposition s’est faite entendre. Un député UMP, Philippe Meunier, a interrogé le gouvernement à l’assemblée nationale suite à une tweet dans lequel le mari de la ministre se félicitait de ne pas être présent dans les tribunes officielles lors du défilé du 14 juillet !!! Mince alors, en voilà une opposition !!!! Ils n’ont donc que ça à faire ? Lire des tweets et tweeter ?

En attaquant ainsi le gouvernement sur une question absolument anecdotique pour la vie publique du pays mais, on peut le comprendre, sans doute importante pour Cécile Duflot, Philippe Meunier a fait couler quelques larmes de ses yeux. Se faisant, cet imbécile a rendu sympathique aux yeux de la France entière une personnalité politique des plus ambitieuse du pays.

Est-ce cela l’opposition qu’il faudrait préserver pour défendre notre démocratie  ? Non seulement l’intervention de ce député UMP était déplacée mais, en plus, elle manque complètement son but pour produire l’effet inverse. Moi qui suis socialiste, je devrais sans doute me réjouir d’une telle opposition, mais je suis avant tout démocrate et j’aime mon pays. De ce fait, je souhaite une opposition intelligente qui,  si elle parvenait au pouvoir, serait en mesure de bien gouverner.

Le choc de simplification

Le choc de simplification est l’exemple type de mesure que les gouvernements précédents, ceux de Chirac puis Sarkozy, peuvent regretter de ne pas avoir mise en place. Ils doivent se dire, mince, pourquoi n’y avons nous pas penser, ça coûte rien et c’est populaire ! Ben oui messieurs, pourquoi n’y avoir pas pensé ? Et si vous y avez pensé pourquoi ne pas l’avoir fait ? C’est encore une preuve de votre manque d’intelligence. Vous préfériez, à l’époque, faire des lois à portées électorales contre l’immigration.

L’optimisme de François Hollande

Suite à l’interview que François Hollande a accordé, après hésitation, dirons certains, après réflexions, corrigerai-je, le 14 juillet, un article est paru dans le journal Le Monde (François Hollande, optimiste envers et contre tous) qui illustre bien la mentalité qui fait tant de mal à ce pays que j’aime.

L’article commence fort, « Il n’en dit pas assez pour rassurer, suffisamment cependant pour inquiéter », écrivent David Revault d’Allonnes et Thomas Wieder. Et, si le président a choisi de s’ exprimer, « ce fut au risque de laisser sur leur faim ceux qui voulaient le croire, et de donner du grain à moudre à ceux qui doutent de lui ».

Pourtant, par la suite on peut lire, à propos du président « Le diagnostic politique, comme souvent, se révèle fort juste : en l’absence criante de résultats, il importe de se convaincre que « nous sommes un grand pays » et de refuser de « céder à une forme de pessimisme ou de résignation ».

Et encore, quelques phrases plus loin, « une fois de plus, il n’est pas entré dans le jeu de ceux qui l’exhortent à adopter un ton « churchillien » annonciateur de« sang » et de « larmes »« La reprise, elle est là », a-t-il affirmé. »

Mais la suite est plus dure, « un tel assaut d’optimisme va à l’encontre de ce que vivent les Français au quotidien. Il ne peut donc que confirmer le soupçon qu’ils sont de plus en plus nombreux à nourrir à l’égard du président, comme l’ont indiqué de récentes enquêtes d’opinion : voilà quelqu’un qui ne leur dit pas la « vérité ».

Autrement dit, François Hollande est inquiétant, car, au lieu de nous promettre du sang et des larmes, il nous annonce que la reprise est proche ;  sa faute est de tomber dans l’optimisme.

La suite de l’article n’est pas plus tendre,  « Etonnant paradoxe : trop laconique pour rassurer, le président s’est à l’inverse montré trop disert pour ne pas inquiéter. Ce fut le cas sur la fiscalité : « Je ne ferai d’augmentations d’impôt que si elles sont absolument indispensables, dans l’idéal le moins possible », a-t-il lâché, semblant contredire la promesse faite le 16 mai, lors de sa conférence de presse. »

Et, franchement, c’est là que plus rien ne va. Les impôts pourraient augmenter !

Ce qui est paradoxale, en réalité, c’est la mentalité des rédacteurs de l’article qui, d’un côté, se plaignent que le président n’annonce pas des lendemains difficiles, de prochaines catastrophes et, d’un autre, s’inquiètent d’avoir peut-être à payer plus d’impôt.

Pour comprendre ce paradoxe il faut, bien sûr, savoir que, lorsqu’un gouvernement annonce du « sang » et des « larmes », cela signifie concrètement que les plus pauvres vont être mis à contribution par la baisse des prestations sociales dont ils bénéficient. En revanche, lorsque les impôts augmentent, ce sont les plus aisés (qui se veulent alors classe moyenne) qui payent.

En conclusion, en France, tout le monde admet qu’il faut faire des efforts pour redresser le pays, mais personne ne veut faire ces efforts, ce sont « aux autres » de les faire. Heureusement, François Hollande, il me semble, met tout le monde à contribution et j’en suis très heureux. Il réalise ainsi une promesse de campagne qui consistait à mettre plus de justice dans les décisions politiques. Et je partage tout à fait son optimisme. Il est évident que la France est un grand pays, il est évident que ce gouvernement réussira, parce que ce sons t des hommes compétents qui le forment.